tindomerel

Chroniques d'une bulle

Vendredi 28 mars 2008 à 17:26


Moi aussi j'ai toujours rêvé d'être une gangstère (je décline comme je veux monsieur).
Un jour je me suis même fait choper pour trafic de pistolets en bois à l'école primaire (c'était mon cousin qui les fabriquait et je les échangeais contre des Pogs).


Mercredi soir j'ai croisé un mec qui m'a dit que mes yeux lui rappelaient le soleil de son pays perdu. Et puis il m'a dit qu'il avait pris l'avion d'Israel, et un tas de trucs incompréhensibles, et qu'il ne fallait pas oublier Richard Berry (mais si, tu sais, le mec qui mange des yaourts). Le reste en est devenu vachement moins joli, du coup.


Quand j'étais petite, je pensais que je pouvais faire bouger les branches des arbres rien qu'en les regardant très longtemps. Et j'étais aussi persuadé qu'en s'entraînant très très longtemps, on pouvait développer notre cerveau jusqu'à devenir télépathes.


Aujourd'hui j'ai transporté Philippe sur mon porte-bagages tout le long d'une avenue bondée, en pleine heure de pointe, on a failli mourir au moins huit fois et se planter dans une voiture à l'arrêt, ça faisait longtemps que ça m'était pas arrivé.

Un jour à la maternelle, j'ai trébuché sur mon pied en jouant au loup et je me suis ouvert le crâne sur la rampe de l'escalier (l'escalier, c'était la maison). La maîtresse m'a dit que j'avais un trou dans la tête, et du coup j'osais plus marcher parce que je pensais que mon cerveau allait tomber par terre si je bougeais. A l'hôpital, ils m'ont dit on va t'endormir la tête, et comme je me sentais pas dormir, j'ai voulu m'enfuir quand l'aiguille m'a touché le front. (Apprenez à parler aux enfants, bande de crétins)


Hier c'était l'anniversaire de Tarantino, j'espère que vous avez bien tous dansé sur du Chuck Berry, conduit à trois cents à l'heure sur une route du Tennesse, ou bien coupé l'oreille d'un flic avec un rasoir, chacun ses trucs hein. (pour ma part, j'ai opté pour Chuck Berry)


J'aimerais bien revoir les épisodes de "Il était une fois la vie". Les Minikeums me manquent, mais pas le Club Dorothée parce que mes parents avaient bloqué TF1 sur la télé. Il fallait pas qu'on regarde parce que c'était de la télé de capitalistes. Il fallait qu'on joue dehors et qu'on communie avec la nature. Moi je communiais à fond, mais après on m'a dit que c'était sale de se rouler dans la boue.
Faudrait savoir.


Dimanche c'est carnaval à Strasbourg, je me déguise en Viking, vous êtes tous les bienvenus.


Désolée pour l'article en roue libre, mais j'avais besoin de me défouler après une semaine intense de
"Pani Charlotte comment mettez-vous niegrzeczne dziecko au nominatif pluriel ?".


Et moi aussi, comme Samuel Benchetrit, j'ai toujours rêvé d'être Jim Jarmusch, alors courez voir son film parce qu'il est extraordinairement original et surtout vraiment formidable, et c'est rare dans le cinéma français.


Publié par tindomerel

Samedi 22 mars 2008 à 21:31




Vous vous souvenez de Richie, so beautiful ? Le prof de l'an dernier, celui que toutes les filles allaient à son cours même si c'était pas un cours important ? Le prof que j'avais envie d'écrire "I love you" sur mes paupières comme dans Indiana Jones tellement il était beau ?


Il avait des cheveux comme ça, toujours mal coiffés, et un sourire à faire fondre une banquise et les pingouins qui sont dessus, et un accent GRAOU, et même quand il était mal rasé il était encore plus beau, ça lui faisait un look Aragorn (chose très rare chez un homme normal). Il avait un T-Shirt "eat me" et putain qu'est-ce qu'on l'aurait bien eaté.

On se faisait belles rien que pour lui même le lundi. C'était le prof que toutes les filles kiffaient grave sa mère (je décline toute responsabilité pour le style saraesque, c'est elle qui prend les commandes à mi-temps)

Donc Richie, so beautiful, il est reparti sans se retourner vers nos yeux larmoyants, il s'en est allé aux confins du monde, à Birmingham, une ville qui a bien de la chance. Et depuis nos cœurs saignent à la vue de la salle de langue orale. Et accessoirement surtout parce qu'il nous reste que des profs vieux et moches, ou bien jeunes mais moches aussi, et méchants en plus.

Alors un soir qu'on se lamentait pour la énième fois de son départ qui nous a brisé notre petit cœur, on a décidé de faire une grosse connerie, et on lui a envoyé un e-mail.

On a essayé d'écrire un truc pas trop groupie pour qu'il prenne pas peur. Ça donnait environ ça :


Dear Richie, so beautiful

We miss you ! Please reviens, we love you !

Without you Strasbourg c'est de la merde and we feel tellement tristes que tu sois parti. We love you for ever.

Please, please reviens, de toute façon Birmingham c'est nul et nous on est belles, remember, tu avais cherché Sarah du regard quand elle a arrêté les cours, et moi j'étais la seule qui connaissait le film "Lock, stock and two smoking barrels". We love you !

Please n'aie pas peur, and we hope que ta girlfriend n'est pas jalouse ou n'est pas existante. Dans ce dernier cas, please épouse-nous ! We love you ! And we are désespérées without you, my darling my love mon amour.

Big french kiss, please n'aie pas peur.

We love you.

Call us si tu reviens sur Strasbourg, on a des petites chambres mais on t'hébergera volontiers. We love you.

Sarah and Charlotte.


Non on n'est pas pathétiques (et tac) (Ah quand c'est Sarah qui le fait c'est vachement plus drôle hein ?)

Et non on n'a pas vraiment écrit ce mail, déjà parce qu'on est pas les filles cachées de K-Maro.

Et puis parce qu'on l'aime en secret seulement.

Alors tuch.

Publié par tindomerel

Mercredi 19 mars 2008 à 19:51




Et sinon aujourd'hui j'ai fait du jogging sous la neige.
Sous la tempête de neige.

C'était pas volontaire, ça partait même d'une bonne intention, aller se fortifier les jambes en cas d'attaque de zombies, éliminer les calories du Cherry Coke, tout ça. Quand je suis partie il faisait bon dehors, et y'avait du soleil, les oiseaux chantaient. Sauf que dix minutes après les oiseaux étaient tous morts, et moi je sentais plus mes cuisses tellement il faisait froid, et la neige fondait même plus sur mon gilet minable qui me donnait pas chaud du tout.

Note à moi-même : fini les activités sportives en extérieur jusqu'à cet été.

J'avais oublié ce que ça pouvait être, un mois de mars en Alsace.



La phrase du jour :

- Ouah !
- Quoi ?
- C'est dingue ce qu'il est moche ton pull !

Professeur Flaxou sait parler aux filles.

(Un pull tout neuf. Le mufle.)

Publié par tindomerel

Lundi 17 mars 2008 à 12:31




"Toute sa vie, l'homme est confronté à des choix. D'ailleurs, comme le disait Himmler en quittant Auschwitz pour aller visiter la Hollande : on ne peut pas être à la fois au four et au moulin !"


Tout être humain à des choix à faire dans sa vie. Et en tant que représentante du sexe féminin, un dilemme se pose souvent à moi.

Le shopping : j'aime pas.

Avoir des jolis habits tout neufs, qui sont pas encore en forme de sac à patate, et qui me font une silhouette super-canon (le combo qui tue gros seins-petites fesses) au lieu de ma vraie silhouette (le combo moins gagnant gros seins, oui mais grosses fesses aussi) : j'aime.

Ce qui implique donc que pour renouveler ma garde-robe qui ressemble même plus tellement à une garde-robe de fille mais plutôt à une garde-robe de camionneuse altermondialiste (alternance bottes en cuir et T-Shirt hippies), je dois aller dans des magasins.

Outrage.

Je sais pas comment font certaines filles pour apprécier faire du shopping, voire pour y passer des journées entières. Ça me dépasse, je leur tire mon chapeau parce que moi au bout d'une heure j'ai envie de mordre tout le monde.

Déjà y'a toujours plein de monde dans les magasins pour filles. Et puis en plus y'a que des filles dedans. Même pas de quoi se rincer l'œil, même les vendeurs c'est pas des vendeurs, c'est des vendeuses.

Et niveau populace, on peut pas dire que ce soit toujours très jouasse. Des fois, j'écoute des filles parler dans les magasins, et j'ai envie d'aller leur dire : "Eh oh mes jolies réveillez-vous, le Moyen Age est fini !"

Un exemple ? Ce week-end, chez H&M, j'entends la conversation suivante entre deux nanas de mon âge environ :

- Ouah regarde comme elle est jolie cette robe !
- Ouais, un peu courte mais pas mal.
- Tu veux pas l'essayer, je suis sûre qu'elle t'irait bien.
- Oh c'est pas la peine, de toute façon mon homme me laissera jamais sortir avec un truc pareil.

Et une claque dans la gueule pour Chacho qui pensait que la condition des femmes avait évolué.

Et puis tout ce choix, Hitchcock Tout-Puissant ! Heureusement que la mode tecktonik - collants bleu superman - tuniques pour femmes enceinte - chemises satinées - jeans slims fait le tri à ma place : désormais, pour un magasin, je ne trouve pas plus de cinq articles qui m'intéressent. Merci le revival années 80 !

Et puis les jeans pattes d'eph, ces jeans qui m'allaient si bien dans mes années collège, où sont-ils passés ? Maintenant c'est la mode slim, bravo les mecs, on ne voit qu'un cul énorme et des petites jambes courtes, c'est pas très marketing comme théorie !

Et puis il y a toujours l'épreuve de la cabine d'essayage, alias "la lumière de Satan". C'est un jour, Satan, il est venu sur terre, il a vu des cabines d'essayage avec une lumière normale dedans, et son pouvoir maléfique l'a modifié afin que la lumière fasse ressortir absolument tous les défauts physiques qu'un être humain peut contenir.

Allez, avouez que vous aussi ça vous arrive de rester debout devant le miroir en vous disant que vous ne vous étiez jamais rendue compte que vous aviez autant de boutons et de cellulite.

Et puis vient l'épreuve de l'essayage, alias non madame la vendeuse puisque je vous dis que je fais du 40 c'est pas la peine d'aller chercher la taille au-dessus, je sais mieux que vous quand même oh.

Sérieux, des fois j'ai l'impression d'être entrée chez Du Pareil au Même. Y'a taille quatre ans, cinq ans, des fois ça va jusqu'à douze, et puis hop c'est fini.

Tant qu'à faire je préfère encore m'habiller en Allemagne, où c'est l'excès inverse. En Allemagne je fais du 36, c'est très flatteur. C'est moins flatteur quand je passe à un bonnet B en soutien-gorge (et encore, il était un peu trop grand) mais on s'y fait.

Alors moi je dis non à la dictature de la mode ! Que tout le monde s'habille avec des T-Shirts Chuck Norris et Luke Skywalker (j'ai les deux) et qu'on fusille tous de nos méchants yeux de geek les bombasses qui se la pètent dans le tram (imaginez-les après deux ou trois enfants, et ça ira tout de suite mieux).

Pour ma part, je prends la formelle décision de surveiller mon poids pour ne plus jamais avoir à acheter de nouvelles fringues de toute ma vie.

Sauf si les pattes d'eph reviennent.


(Et pendant ce temps-là, que devient Hansi Hinterseer?)

Publié par tindomerel

Samedi 15 mars 2008 à 11:36




Le buisson devant ma fenêtre s'est couvert de fleurs jaunes. Maintenant, quand je me réveille le matin, le soleil fait une lumière toute jaune le long de mon mur et barre la tête de James Dean d'un rayon doré.


La forêt-qui-fait-peur le long de la Cité U se couvre de bourgeons, et du coup la nuit ça fait encore plus peur parce que maintenant des dealers-maqueraux-front national-islamistes-terroristes-tueurs en série, ou pire, des zombies, peuvent s'y cacher encore plus facilement.

Le matin, quand je vais en cours tôt, la lumière se reflète sur les vitres du Parlement, et ça brille tellement fort que ça fait comme deux soleils levants.

Y'a un vent de ouf-sa-mère qui souffle en permanence en qui me fait aller à reculons sur mon vélo (par contre dans le sens inverse je mets sept minutes pour faire cinq kilomètres, en comptant les feux rouges) et qui me flanque un mal de crâne à me donner l'envie de me madame-bovaryser.

J'ai abandonné l'idée de me soigner après six Dolipranes qu'ont rien fait du tout, et maintenant je me contente de gémir dès que je marche parce que ça résonne dans ma tête. Un peu comme une gueule de bois, sauf que ma dernière cuite c'était y'a huit mois. Alors soit j'ai un métabolisme vraiment très lent (ce qui expliquerait pourquoi je fais toujours un mètre cinquante-sept à dix-neuf ans et demi) soit c'est la faute au vent.

Les cerisiers du jardin intérieur de la fac sont tous en fleurs, et j'attends avec impatience qu'il fasse moins froid pour pouvoir m'asseoir dessous, au milieu des pâquerettes. Ce sera un cadre tellement plus bucolique pour pleurer sur le pluriel du nominatif personnel masculin polonais.

Dimanche, je ramène ma veste pas-trop-chaude-mais-bien-pratique-le-soir-quand-même de Colmar, parce que j'ai trop chaud avec ma veste d'hiver.

Quand je sors de cours à dix-huit heures, il fait encore jour.

Ils ont remis les barques dans l'étang de l'Orangerie et les carpes dans l'étang du jardin botanique.

Et j'ai failli avaler une abeille en allant en cours vendredi matin.

C'est le printemps.


(Et pendant ce temps-là, que devient Cookie Dingler ?)

Publié par tindomerel

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