tindomerel

Chroniques d'une bulle

Vendredi 31 octobre 2008 à 10:04

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Je me suis dit qu'il fallait que je fasse un vrai article.

Un bien, un vrai adieu.

Quelque chose qui dise à quel point j'avais été heureuse d'écrire ce blog, pendant plusieurs années. Que quand on le lisait, ou le relisait, on pouvait voir toute ma vie, tous ses aspects, les cachés et les évidents, les coups de blues et les moments de joie. Qu'on a pu me voir évoluer au fil des pages, en bien ou en mal.

Que quand je regarde les anciens articles, je vois une version de moi qui n'existe plus maintenant, une Charlotte qui rêve encore de choses auquelles je ne tiens plus, qui a peur de choses que je ne crains plus.

Je voulais vous dire à tous à quel point c'était génial d'avoir pu écrire tout ça pour que vous le lisiez, et que sans vous, je ne serais sans doute qu'une kikoolol de plus.

Je voulais écrire un bel article de fin.

Mais après tout, ce n'est qu'un nouveau début.



(Je redémarre ICI.)


Publié par tindomerel

Mercredi 22 octobre 2008 à 10:06




Mon chauffe-eau m'a dit va te faire foutre et il s'est mis en grève.


Au début il faisait de la grève à l'américaine, il s'est arrêté de fonctionner un jour et le lendemain tout allait bien. Et puis il a fait de la grève à la japonaise, il marchait tous les jours mais j'avais droit qu'à une douche le matin, et c'était froid tout le reste de la journée. Et puis ce matin, il s'est dit qu'il était temps d'entamer la grève façon cocorico, et il fonctionne plus. Du. Tout.

Mais comme je suis une fille super intelligente, je l'avais devancé, et j'avais appelé un plombier hier. Il m'a dit qu'il passerait à huit heures trente, je me suis dit super, j'aurais même le temps d'aller au cours de thème de neuf heures qu'on a pas le droit de rater parce qu'elle fait l'appel et que si on est absent plus de trois fois dans l'année on a pas le droit de se présenter aux examens.

Ne me laissez pas démarrer sur ce sujet, ça m'énerve trop, après je me retrouve à hurler sur le campus répression répression, nous prenez pas pour des cons, et autres trucs qui riment.

Non je déconne. J'aime pas les manifs. Ce qui est quand même bizarre, c'est que les arts du spectacle, qui sont toujours prêts à faire un grève de trente jours dès qu'il y a rupture de stock de sandwiches à la cafétéria, là, ils font rien. Vous allez me dire ça concerne que le département d'anglais, donc ils ont rien à dire, mais croyez-moi, c'est pas ça qui les arrête d'ordinaire.

- Le mec qui se balade avec un âne sur le campus, il m'a dit que bientôt le café allait augmenter de dix centimes dans toutes les machines !
- Vite, faisons une AG ! Il faut pas laisser passer ça ! Répression ! Révolution ! CRS-SS ! Sous les pavés la plage ! Plein d'autres clichés de mai 68 !

Après ils t'agrippent par le bras devant l'entrée qui pue (je l'appelle l'entrée qui pue parce que toute la fac fume devant) et ils te tendent des prospectus en hurlant :

- Faut venir à l'AG hein, tout le monde à son mot à dire, c'est ça la société comme on la veut ! La solidarité est le maître mot ! C'est nous contre les salauds de capitalistes ! Ne les laissons pas enterrer nos droits humains !
- Oui enfin c'est juste une rumeur sur les machines à café, à la base.
- Ouais je vois, je connais ton genre. Va rejoindre les moutons, connasse consumériste. La révolution se fera sans toi. Faudra pas venir te plaindre quand tu voudras venir jouer du jembé avec nous et qu'on te rejettera. Hasta la victoria !

Donc ces gens-là, maintenant, ils font rien. Et quand à motiver les grues de LLCE qui restent en troisième année (heureusement, il y en a beaucoup moins) à aller se plaindre à la direction, j'ai laissé tomber.

- Non, moi j'aime bien qu'on me traite comme si j'étais en prépa. J'étais trop bête pour y entrer alors je suis contente, hihi. Et puis ça me motive pour venir en cours, du coup l'examen que j'aurais raté cette année, ben je vais le réussir !

Ben oui c'est là le problème. Et moi, l'examen que j'aurais eu facilement parce que toutes les grues l'auraient raté, maintenant, je vais l'avoir difficilement. Encore que je les imagine bien se pointer à l'examen :

- Je suis trop vénère, mes cheveux sont grave horribles aujourd'hui. Oh ça m'énerve-an, je sens que je vais pas pouvoir me concentrer. Comme elle est trop difficile cette épreuve de thème ! Je me souviens plus comment on dit "bonjour". Tu crois que je devrais mettre "Good day" ou "Good morning" ou bien juste "Hello" ?

Et moi je vais échouer face à des nanas comme ça juste parce que le plombier s'est pointé avec trois quarts d'heure de retard, juste pour appuyer sur un bouton et me dire qu'il fallait attendre de voir si ça chauffait, et qu'après il faudrait changer soit la résistance (paraît-il que c'est le truc qui fait chauffer l'eau) soit le bouton. J'ai pas tout compris, mais lui il avait l'air de trouver ça très facile.

Des fois j'aimerais bien avoir fait formation plombière. Ce serait vachement plus pratique que de parler anglais, je pourrais réparer plein de choses toute seule, je pourrais voir l'intérieur de chez les gens (kiffant) et boire du café gratos même si j'aime pas le café, et en plus j'aurais le droit d'être en retard.

Et en plus je suis sûre que dans l'école de plombiers y'a pas des grues et des communistes comme chez moi.

Mais le mec qui se balade avec un âne sur le campus, il me manquerait un peu quand même.

Publié par tindomerel

Lundi 13 octobre 2008 à 18:50




Pour une fois dans ma vie il m'arrive des trucs.

J'ai retrouvé Christina ma correspondante de Louisiane du lycée, et on s'envoie des mails à caractère politique avec plein de liens sur des vidéos qui se moquent de Sarah Palin (parce qu'on l'aime pas). Et c'est la super classe.

J'ai enfin reçu mon accordeur de ukulélé, et j'arrive à jouer les deux premières notes de "What a day for a daydream" de Lovin' Spoonful. Et ensuite ça devient compliqué alors je chante juste "What a day for a daydream, what a day for a daydreamin' boy" en boucle, heureusement que mes murs sont en béton et que c'est insonorisé, sinon mes voisins seraient déjà venus mettre du cyanure sur ma brosse à dents.

Mon prof de russe est un gros naze et chaque minute de ses cours m'énerve tellement que j'ai envie de lui lancer des fléchettes au curare dans sa tronche de glandeur. Et même moi qui ne suis prof qu'à temps très très partiel je vois tout de suite que ses méthodes d'enseignement...y'en a pas en fait, il fait rien. Il est nul il m'énerve, peste sur sa moustache.

Et sinon j'ai replongé dans l'enfer de l'addiction à cause de ces saloperies de supermarchés qui mettent des choses près de la caisse pour qu'on les achète impulsivement. Après plus de huit ans d'abstinence, ça y est, je suis redevenue accro aux Tic-Tac Orange. Malédiction sur tous les bonbons à deux calories et à l'haleine fraîche (je suis sûre qu'à la longue ça va me faire puer de la gueule en plus).

Et puis si vous aviez encore besoin de preuves que Professeur Flaxou et moi on était un vieux couple, voilà de quoi vous achever : depuis une semaine, on fait couette à part. Alors soi-disant qu'il paraitrait que ce serait moi qui ait une tendance à m'enrouler dedans, et alors Professeur Flaxou se retrouve à grelotter à poil tout seul dans le noir en plein milieu de la nuit. Soi-disant également que lorsqu'il tente de récupérer un coin de couette, je lui shoote dans les mollets en criant laisse-moi tranquille sale con. Moi j'y crois pas. Je pense que c'est un subterfuge pour me faire subtilement comprendre qu'on ferait mieux de faire tout de suite chambre à part, appartement à part, vie à part.

Et puis je fais des soirées avec les filles et on parle de mes nichons, je fais des soirées avec Florent et je me couche à quatre heures du matin parce que parler de guerre nucléaire et d'apocalypse de zombies, ça prend du temps, et la saison 4 de Docteur House est finie, y'en a une qui est morte mais je m'en fous je l'aimais pas.



(Et les Tic Tac au citron vert je les remets dans la boîte et je les donne à Porfesseur Flaxou ensuite)

Publié par tindomerel

Mardi 7 octobre 2008 à 20:06







Samedi dernier j'ai fait un truc que seuls les masochistes et les vrais hommes n'ont pas peur de faire. Et j'avais juste un petit peu peur alors je pense qu'on peut dire que je suis un vrai homme.


Je me suis faite tatouer.

Ça faisait des jours que j'en parlais à tout le monde en frimant :

- Ah, j'attends samedi avec impatience. Je me sens super prête. Je me sens super confiante.
- T'as pas besoin que je vienne avec toi alors ?
- Tu te fous de ma gueule ?

Donc j'y suis allée avec juste un tout petit peu d'appréhension :

- Oh mon dieu je suis folle. Je vais attraper une infection pire que dans Docteur House et ça va faire une gangrène et on va devoir m'amputer du dos, et comme je pense pas qu'on puisse survivre sans dos alors je vais mourir.

Et si c'était pas une infection, alors le tatouage allait avoir l'air moche sur ma peau, ou il allait être trop gros, ou il allait dépasser sur mon épaule et je ne pourrais jamais travailler à l'ONU avec un tatouage sur l'épaule comme une cammionneuse.

Du coup j'ai passé une nuit super reposante.

- Flaxou, tu dors ?
- Plus maintenant.
- Non mais c'est important, fallait que je te demande, toi tu sauras. Voilà, tu crois qu'on peut survivre sans dos ?

Et le lendemain, j'avais encore peur, mais c'était un peu plus logique.

Quand le tatoueur a posé l'aiguille sur la machine qui tourne, qu'il l'a trempée dans l'encre, qu'il l'a mise en marche et que par la moustache de Staline ça faisait le même bruit que l'horrible creuse-dents de chez le dentiste, qu'il m'a regardé d'un air blasé et qu'il m'a dit :

- Bon ben fous-toi à poil.

Là, j'ai eu peur.

Et en fait ça faisait presque pas mal du tout. Je suis pas une tapette non plus, mais je pensais pas être forte au point qu'un tatouage me ferait pas mal. Mais bon, je suppose que les gènes de héros, on les a ou on les a pas.

Cela dit j'ai quand même choisi le tatoueur le plus réputé d'Alsace, donc il y a peut-être une corrélation entre son degré de talent et mon degré de douleur. Mais c'est juste une hypothèse, en attendant vous pouvez tous vous prosterner devant mon endurance. Les nazis peuvent venir me torturer quand ils veulent, j'ai pas peur.

Et puis au bout d'une heure de torticolis à force d'essayer de voir la progression du travail et après plein d'euros déboursés, c'était fini. C'était le moment Chacho découvre le monde :

- Donc maintenant il faut désinfecter toutes les quatre heures et mettre de la crème cicatrisante pendant trois semaines pour éviter l'infection.
- On va pas juste laisser ça comme ça ?

Moi je pensais j'ai assez souffert comme ça, si maintenant en plus il faut que je me fasse chier à scotcher du sparadrap dans mon dos. Et laissez-moi vous dire que c'est pas facile de scotcher du sparadrap dans son dos. Mais bon, entre ça et la gangrène du dos, j'avais pas tellement le choix.

Finalement ça cicatrise super bien, ça m'a fait mal que les trois premiers jours. C'était aussi peut-être parce que j'ai fait une réaction allergique au sparadrap et que quand on enlevait mon pansement on voyait :

- mon tatouage, nickel, même pas enflé, au milieu d'un carré blanc
- un magnifique carré rouge dessiné en boutons tout autour du carré blanc

Ça faisait Musée Pompidou, je vous jure.

Maintenant, je dois juste utiliser un savon spécial sous la douche, j'ai plus le droit de me sécher le dos avec une serviette, je désinfecte et je mets de la crème toutes les quatre heures (sauf la nuit parce que j'ai pas forcément super envie de me réveiller pour ça), je suis obligée de mettre des vêtements amples et uniquement du 100% coton, je dois plus manger aucun M&M's rouge, tout ça.

Mais au final, c'est tout bénef.
 
Parce que maintenant non seulement je suis super canon (oui, enfin dès que les boutons seront partis) mais en plus je peux regarder les têtes des gens qui disent :

- Toi, un tatouage ? Ah, j'aurais pas cru.

Et ça, je pense que je m'en lasserai jamais.

Chacho, 20 ans. Etudiante en langues. Première de la classe. Rat de bibliothèque et squatteuse de multiplexes. Fan de Scorpions, de Docteur House, de Robert Kennedy et d'Otis Redding (le mec au nom d'ascenceur). Future bosseuse en tailleur pour des grandes causes comme la paix dans le monde, l'entente entre les pays européens, ou est-ce que mon patron a eu son café ce matin. Pleure devant Wall-e. Dort dix heures par nuit (minimum)

Optimiste. Sérieuse. Conformiste. Timide.  Tatouée.

Publié par tindomerel

Samedi 4 octobre 2008 à 19:16




Ce mois-ci, peu de perles, mais trop pour joindre septembre et octobre. Donc on fait avec ce qu'on a, n'ayez crainte, le mois prochain, vous en aurez plein (les grues de LLCE ne sont heureusement pas toutes parties)


1) "Oui c'est parce que l'autre jour j'ai parlé à mon karma. Je lui ai dit maintenant t'arrêtes de m'emmerder" Sarah, action woman

2) "Il arrête pas de t'envoyer des signaux contradictoires : d'un côté il est mignon, de l'autre côté il est puceau" Moi

3) "Bon c'est l'heure de jeter mes chaussettes sous la table" Moi

4) "Le prolétariat c'est fun" Caro, coco

5) "Je vais me laisser faire. Peut-être même me laisser cuivre" Flavien, métalleux

6) "Faites comme si cette veste était Jérôme. Nono, t'as qu'à t'engueuler avec." Cyril, briseur de paix sociale

7) "Un jour je me suis rendue compte que j'avais un sosie. En fait c'était moi" Marie, perspicace

8) "Vous avez dit une heure du matin et j'ai compris une heure du matelas" Marie, bonne nuit les petits



9) - Le train ne circule pas le 7 novembre.
      - Ça tombe bien, on est le 9. Et...on est pas en novembre.

10) - Au pire je peux m'asseoir sur le lit.
       - Nan, y'a mon sac. (Coralie)

11) - Dans le congélateur de Cyril, y'a des bébés morts.
       - Mais on s'en fout, du moment qu'il y a des légumes.

12) - Ils ont une énorme tête et un tout petit corps, un peu comme...
       - Toi ?

13) - C'est la soeur de Cyril.
       - Ah bon, elle a un frère ? (Anne-Laure)

14) - Et de temps en temps il levait la tête et je lui faisais un sourire.
      - Chaudasse.

15) - Je vais appeler SOS Femmes Battues et leur dire que tu m'as frappé avec une tranche d'emmental.
      - Mais c'était de l'emmental suisse. C'était une attaque neutre.

16) - C'est sans doute l'animal le plus moche du monde.
       - Toi, tu passes pas à la cafèt très souvent.

Publié par tindomerel

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